Beaucoup de cinéma, quelques bouts de ma vie et parfois un peu de poésie...
Extrait d'un article de l'Express:
indy Sam, jeune française d’origine cambodgienne, a-t-elle commis un crime? Saisie par la beauté d’une œuvre du peintre américain Cy Twombly exposée à la Collection Lambert, à Avignon, elle a embrassé la toile, laissant sur elle la trace de son rouge à lèvres. Il s’agit de "viol", de "vandalisme", selon le directeur de la collection, Eric Mézil. Mais selon la jeune femme, qui se dit elle-même artiste, il s’agit d’un "témoignage du pouvoir de l’art". Et "le tableau est encore plus beau" marqué de cette "tache rouge sur l’écume blanche".
Pour comprendre l’émoi suscité par cette affaire, jusque dans les pages « Débats » du Monde, il faut préciser que le tableau en question est blanc. Donc nul et non avenu, pour certains détracteurs de l’art contemporain. Mais Cy Twombly n’est pas le premier venu, et le sérieux de son travail n’est pas en cause. Il utilise diverses techniques, dont la peinture, le dessin, le graffiti, l’écrit, pour composer des toiles abstraites mais plutôt exubérantes, comme peut en témoigner le titre de l’exposition d’Avignon: Blooming ("Floraison"). Le tableau en question fait partie d’un triptyque inspiré du Phèdre de Platon, assuré à la hauteur de deux millions d’euros.
Rindy Sam devait être jugée jeudi 16 août, mais comme elle a refusé la procédure simplifiée du "plaider coupable", l'affaire a été reportée au 9 octobre devant le tribunal correctionnel.
Les avocats de la partie civile comptent demander trois dédommagements: un pour la dégradation de l’œuvre, un pour l’atteinte à la réputation du musée et un dernier pour la non-prolongation de l’exposition jusqu’au mois d’octobre, qui pourrait être due au dépit de l’artiste américain. En attendant, on n’a jamais autant parlé de Cy Twombly, et la fréquentation de l’exposition a augmenté...
Blooming : exposition Cy Twombly, jusqu’au 30 septembre. Collection Lambert en Avignon, musée d’art contemporain, 5 rue violette
Ce soir en zappant sur France 2, je m'attarde sur l'émission "On ne vous a pas tout dit" de Laurent Ruquier, qui reçoit entre autres invités Rindy Sam, "l'artiste" qui a vandalisé l'oeuvre de Cy Twombly.
J'ai été sidérée, je me demande comment l'on peut se prétendre artiste et aller vandaliser le
tableau d'un autre artiste, et se montrer à la fois aussi hautaine et orgueilleuse, aussi confiante en espérant que Mr Twombly retire sa plainte, puisqu'elle prétend avoir embelli cette oeuvre..certes il s'agit initailement d'une toile blanche, immaculée, mais j'estime que le choix de l'artiste sur ses peintures n'a pas à être remis en cause, d'autant que ce tableau s'inscrivait dans un tryptique.
De nombreux artistes comme Picasso par exemple se sont servis des toiles d'un autre peintre, pour en faire une 2ème ouevre d'art, grace à leur touche personnelle mais il ne se sont tout de même pas servi de l'original, mais d'une reproduction (et heureusement), qu'ils sont alors parfaitement en droit de s'approprier..
Même si Mme Rindy a adoré cette oeuvre au point de l'embrasser, et même si on peut trouver un certain charme à cette "nouvelle peinture" (avec le baiser rouge), elle n'avait pas à la "salir", puisqu'elle prive de ce fait à la fois l'auteur de son oeuvre, mais aussi les visiteurs de la pièce originale, cette peinture est désormais irrécupérable..je trouve cela inadmissible et je me demande bien ce que dirai cette dame si un Uluberlu allé coller ses lèvres sur un de ces tableaux en laissant son empreinte..
De plus l'Express fini son article en ajoutant avec ironie que l'exposition est beaucoup plus fréquentée désormais, mais je pense que la notoriété de Cy Twombly suffit permettre l'affluence dans la galérie.