Beaucoup de cinéma, quelques bouts de ma vie et parfois un peu de poésie...
Je descends du train, je marche, mais je me sens comme coupée du monde, je marche tout droit, à contre courant, tous les gens arrivent vers moi, certains s'écartent d'autres pas.. je regarde leurs visages, certains sont soucieux d'autres réjouis, certains sont pressés, d'autres nonchalents, ils passent à coté de moi sans me voir, je n'existe pas et je me sens seule, je me sens si seule dans cette foule indifférente, elle ne fait plus qu'un; c'est elle contre moi, je me sens submergée par les vagues, je suis à contre courant.
Je voudrais m'asseoir, là, au milieu de cette foule, m'asseoir et pleurer, pleurer, jusqu'à n'avoir plus de larmes, plus de peine.
Je voudrais fermer les yeux, tout oublier l'espace d'un instant, m'arrêter, là, sur ce quai de gare, je voudrais pouvoir sentir la douceur de la vie, celle que je n'ai pas ressentie depuis si longtemps.
Mais je continue à marcher, je me sens comme anesthésiée, je me sens vide, je regarde les passants, ils marchent comme au ralenti, les anxieux, les joyeux, les disputes et les embrassades, je regarde la vie, comme si moi, je ne l'avais pas, je me sens comme ça, sans vie et à contre courant..
Je sens que mes jambes tremblent, que mon coeur ralenti, je sens le vertige, je sens les larmes, je marche, je dois continuer, toujours avancer, peut être pour le retrouver,peut être pour recommencer à vivre.